Le Nouveau-Brunswick a réalisé de réels progrès en matière de qualité de l’air au cours des dernières décennies. Des carburants plus propres, des technologies améliorées, des normes plus rigoureuses et des investissements publics soutenus ont mené à des améliorations mesurables dans de nombreuses communautés depuis l’adoption de la Loi sur l’air pur en 1996. Le gouvernement mérite d’être reconnu pour l’élargissement de la surveillance de la qualité de l’air, la modernisation de l’information publique et l’accès offert aux Néo-Brunswickois aux données actuelles et historiques par l’entremise du Portail provincial des données sur la qualité de l’air.

Ces efforts sont importants. L’air pur protège la santé.

Les plus récentes données sur l’état de l’air montrent clairement une chose : les progrès ont été inégaux, et certaines communautés continuent de subir une mauvaise qualité de l’air qui nuit à leur santé. En parallèle, les changements climatiques rendent la pollution de l’air plus difficile à contrôler. Dans ce contexte, les propositions de nouveaux projets énergétiques fondés sur les combustibles fossiles soulèvent de sérieuses préoccupations en matière de santé publique.

Si le Nouveau-Brunswick est réellement déterminé à protéger l’air que nous partageons, nous ne pouvons pas continuer d’ajouter de nouvelles sources de pollution atmosphérique.

La pollution de l’air demeure l’un des plus grands risques pour la santé

La pollution de l’air n’est pas un enjeu environnemental abstrait. L’Organisation mondiale de la Santé l’a identifiée comme le plus grand risque environnemental pour la santé humaine. Santé Canada estime que plus de 17 000 décès prématurés surviennent chaque année au Canada en raison de la pollution de l’air, en plus de millions de journées marquées par une aggravation des symptômes chez les personnes vivant avec une maladie chronique.

Les pics de pollution à court terme — comme la fumée des feux de forêt — tout comme l’exposition à long terme provenant de l’industrie, du transport et de la production d’énergie nuisent à la santé. Il n’existe aucun niveau sécuritaire d’exposition.

Certains groupes sont plus à risque : les personnes âgées, les personnes enceintes, les nourrissons et les enfants, les personnes qui travaillent ou font de l’exercice à l’extérieur, ainsi que celles vivant avec une maladie chronique, notamment des maladies pulmonaires ou cardiaques.

Au Nouveau-Brunswick, ce groupe « à risque » représente une grande partie de la population.

Selon le Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick, le cancer du poumon est la principale cause de décès évitables dans la province, et la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) se classe au troisième rang, les maladies du cœur se situant entre les deux. Près d’une personne sur cinq au Nouveau-Brunswick vit avec une maladie pulmonaire, plus de 60 % gèrent au moins une maladie chronique et près de 23 % de la population est âgée de 65 ans ou plus.

Pour les personnes vivant avec la MPOC, l’asthme ou une maladie cardiaque, une mauvaise qualité de l’air peut se traduire par des absences au travail ou à l’école, des visites à l’urgence ou des hospitalisations. En fait, les exacerbations de la MPOC figurent parmi les principales causes d’hospitalisation au Canada, juste après les accouchements.

Du point de vue de la santé, l’air pur n’est pas facultatif. C’est un soin préventif.

Partagez vos préoccupations concernant la qualité de l’air

Poumon NB recueille vos témoignages afin de les transmettre aux décideurs aux moments clés — Partagez votre histoire.

Les changements climatiques aggravent la qualité de l’air

Les changements climatiques intensifient les conditions menant à une détérioration de la qualité de l’air. Les températures plus élevées favorisent la formation d’ozone troposphérique et, combinées à des conditions atmosphériques stagnantes, permettent aux polluants de s’accumuler là où les gens vivent et respirent, plutôt que de se disperser. Ainsi, les périodes de chaleur extrême sont de plus en plus aussi des périodes de mauvaise qualité de l’air, ce qui accroît les risques pour la santé des personnes atteintes de maladies pulmonaires ou cardiaques. En 2025, le Nouveau-Brunswick a connu une activité importante de feux de forêt : à un certain moment, des dizaines de feux étaient actifs dans la province, dont quelques-uns hors de contrôle, et Environnement Canada a émis des avis spéciaux sur la qualité de l’air pour Moncton, le sud-est du Nouveau-Brunswick et les comtés environnants en raison de la fumée des feux de forêt, entraînant des avertissements sanitaires pour les populations vulnérables. La fumée des feux de forêt est devenue une source plus fréquente et plus marquée de particules fines (PM₂,₅), lesquelles sont associées à une aggravation des problèmes respiratoires et cardiovasculaires. Les autorités de santé identifient la formation d’ozone liée à la chaleur et la fumée des feux de forêt comme des mécanismes par lesquels les changements climatiques affectent déjà la qualité de l’air et nuisent à la santé humaine. Le rapport de Santé Canada La santé des Canadiens et des Canadiennes dans un climat en changement décrit comment ces tendances augmentent déjà les risques pour la santé et exercent une pression accrue sur les systèmes de soins.

Protéger la qualité de l’air exige de réduire la pollution, et non d’ajouter de nouvelles sources.

Les nouveaux projets de combustibles fossiles soulèvent des préoccupations en matière de santé

Les projets énergétiques qui reposent sur la combustion de carburants pour produire de l’électricité émettent des polluants atmosphériques reconnus pour aggraver la santé respiratoire et cardiovasculaire. Ces émissions ont des effets particulièrement importants dans les communautés qui connaissent déjà des dépassements répétés des normes de qualité de l’air et parmi les populations déjà lourdement touchées par les maladies chroniques.

Le Nouveau-Brunswick s’est engagé à améliorer la proportion des stations de surveillance affichant une qualité de l’air « bonne ou meilleure », passant de 69 % en 2023 à 78 % d’ici 2028. La modernisation de la Loi sur l’air pur est une étape cruciale pour atteindre cet objectif, et Poumon NB salue la décision de la province de consulter largement le public dans le cadre de ces réformes.

Cependant, ces protections renforcées ne pourront réussir si de nouvelles sources de pollution sont introduites simultanément.

La prévention en santé publique est plus efficace lorsque les risques sont réduits en amont. Ajouter de nouvelles émissions de combustibles fossiles fait avancer le Nouveau-Brunswick dans la direction opposée — particulièrement à un moment où les changements climatiques amplifient déjà les niveaux de pollution au-delà des normes historiques.

Des solutions plus propres existent — et elles protègent la santé

Les Néo-Brunswickois veulent une électricité fiable. Ils veulent aussi un air pur, une eau potable sécuritaire, des écosystèmes protégés, des communautés en santé et des emplois. Ces objectifs ne sont pas incompatibles. Partout au Canada et ailleurs dans le monde, des administrations répondent aux besoins de fiabilité grâce à des combinaisons d’efficacité énergétique, de gestion de la demande, de production d’énergie renouvelable et de technologies de soutien au réseau non polluantes — des approches qui n’ajoutent pas de pollution de l’air.

Le débat ne devrait pas opposer la santé à la fiabilité. Du point de vue de la santé pulmonaire, la question pertinente est simple :

Le Nouveau-Brunswick peut-il répondre à ses besoins énergétiques sans détériorer la qualité de l’air et la santé publique?

Les données montrent que la réponse est oui.

Les Néo-Brunswickois veulent une meilleure protection de l’air que nous partageons

L’opinion publique est en phase avec la science. Un récent sondage d’Atlantic Quarterly révèle que 71 % des Néo-Brunswickois estiment que les lois sur la pollution sont trop faibles et devraient être renforcées afin d’obliger les pollueurs à réduire leurs émissions et à améliorer la qualité de l’air.

Poumon NB appuie les efforts de la province visant à moderniser les protections en matière de qualité de l’air et reconnaît les progrès réalisés jusqu’à maintenant. Toutefois, davantage doit être fait, en particulier dans les communautés connaissant des dépassements répétés et parmi les populations déjà fortement touchées par les maladies pulmonaires et cardiaques.

Protéger l’air que nous partageons exige de la cohérence. Nous ne pouvons pas renforcer les règlements sur la qualité de l’air tout en approuvant de nouvelles sources de pollution qui les affaiblissent.

Ce que vous pouvez faire :

Partagez votre histoire

Si la qualité de l’air a affecté votre santé ou la qualité de vie d’une personne qui vous est chère, votre histoire compte. Poumon NB recueille des témoignages partout dans la province afin que les décideurs comprennent l’impact humain réel de la pollution de l’air.

Ajoutez votre voix

La PCIC (Coalition pour la protection de l’isthme de Chignecto), regroupant des membres de la communauté et des organisations, demande un moratoire sur les nouveaux projets de combustibles fossiles qui menacent la qualité de l’air et la santé publique dans la région de Tantramar.

 

Restez informé.

Des décisions majeures ayant un impact sur la qualité de l’air et la santé sont prises en ce moment. Être attentif — et partager de l’information exacte — contribue à faire en sorte que la santé publique demeure au cœur de ces décisions.